Olivier Peeters,
Responsable marketing & innovation, corporate banking de BNP Paribas Fortis

 

Comment voyez-vous le rôle des différents acteurs dans l’innovation ?

Olivier Peeters : « On distingue trois phases dans la vie d’une entreprise : l’amorçage - ou l’incubation -, l’accélération et la maturation. Durant la première, le rôle des universités et du secteur public, notamment en termes de moyens mis à disposition, est primordial pour accompagner les porteurs de projets, le secteur privé étant un accompagnant secondaire. Le secteur public doit entre autres créer le cadre où les entrepreneurs se sentent à l’aise avec leurs divers partenaires pour générer de la valeur pour eux, le marché et la société. Certains pays ont créé des « bacs à sable » : pour les sociétés en démarrage, les conditions et législations sont légèrement adaptées pour leur éviter certaines lourdeurs. »

 

Le secteur public doit entre autres créer le cadre où les entrepreneurs se sentent à l’aise avec leurs divers partenaires pour générer de la valeur pour eux, le marché et la société.

 

Qu’en est-il lors de la phase de croissance ?

O. P. : « Trop peu de choses sont faites pour les sociétés en phase d’accélération ! Pour les entreprises privées, un partenariat avec une petite startup est compliqué étant donné le grand nombre de problèmes à régler pour celles-ci sur le plan opérationnel, celui de la sécurité de leur infrastructure, etc. L’entreprise privée est toutefois la mieux placée pour l’aider à croître. Un grand groupe bancaire comme le nôtre dispose d’experts qui étudient les nouvelles tendances, ce que les petits entrepreneurs n’ont pas toujours le temps d’évaluer : économie circulaire, transition énergétique, smart cities, etc. Nous poussons les sociétés innovantes prometteuses, notamment en établissant pour elles des contacts dans les quelque 80 pays où nous sommes présents. »

 

En pratique, comment procédez-vous ?

O. P. : Via nos neuf pôles d’innovation, nous allouons des montants de plusieurs millions d’euros par zone géographique. Les collaborateurs de nos business centers mettent ces sommes à disposition des sociétés innovantes en croissance pour les soutenir. Nous octroyons une partie raisonnable de notre large portefeuille pour les accompagner à l’international. Mais qu’on ne s’y trompe pas : en l’occurrence, pour ces sociétés, le premier besoin n’est pas le financement, mais bien l’augmentation des ventes et la mise en contact avec d’autres acteurs.