Explications avec Vinciane Gaussin, directrice de Welbio, l’institut virtuel wallon de recherche et d’excellence interuniversitaire.

Qu’est-ce qu’un chercheur en sciences du vivant est susceptible de découvrir ?
 « Cela peut aussi bien être une nouvelle approche thérapeutique, une nouvelle molécule chimique, des anticorps, des tests diagnostiques ou un nouveau programme informatique. Les sciences du vivant recouvrent de nombreux domaines. Prenons l’exemple d’une main. Elle possède une myriade de cellules différentes où il se passe beaucoup de choses qu’on tente de décrypter par la recherche. La nature est extraordinaire et pleine de complexité. On réalise des expériences et parfois les résultats sont inattendus. C’est ainsi que l’on met le doigt sur quelque chose de neuf. Quand un grain de sable surgit dans ce beau mécanisme de la vie, cela provoque une maladie. Voir s’il est possible d’établir un lien entre une maladie et cette découverte va peut-être permettre de découvrir de nouvelles approches par rapport à cette pathologie. »

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?
« Des appels à projets sont réalisés auprès des chercheurs des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La recherche mise en place, notamment par le FNRS, au sein des universités est un terreau de chercheurs. Les projets sont sélectionnés par un jury international composé de professeurs européens qui évaluent ces dossiers sur la base de l’excellence scientifique et effectuent une sélection drastique. Actuellement, nous avons 23 programmes de recherche en cours financés à l’UCL, à l’ULg et à l’ULB dans les domaines des sciences de la vie. Ils concernent le cancer, les neurosciences, les cellules souches, les bactéries, l’asthme, les parasites, la maladie du sommeil… Une belle diversité. Je rencontre ces chercheurs plusieurs fois par an pour discuter des résultats et de leurs applications. L’accompagnement est individualisé. Y a-t-il là matière à brevet ? On peut aller voir du côté du Plan Marshall et du pôle Biowin. S’il existe un potentiel, on accompagne le projet dans son développement. Et parfois, cela aboutit à une spin-off. L’important est d’avoir un impact en Wallonie et sur la santé des gens. Il est important de financer la recherche fondamentale, car elle est génératrice de nouvelles idées qui, elles-mêmes, peuvent engendrer de nouveaux traitements. »