Quelle est l’évolution générale des biotechnologies actuellement ?
 

Tineke Van Hooland : « La Belgique est pionnière en matière de biotechnologie, notre pays fait figure de véritable référence mondiale dans ce domaine. Nous sommes trop modestes, or nous détenons une expérience solide en matière de sciences et de connaissances, comptons des universités de haut niveau spécialisées en recherche et développement et en processus de biomanufacturing. Enfin, nous bénéficions d’une localisation idéale, centrale au niveau européen. Un écosystème donc très propice à l’innovation dans les biotech. Les chiffres le confirment : le top 10 des entreprises biopharmaceutiques mondiales ont des activités clés en Belgique et près de la moitié des produits pharmaceutiques fabriqués chez nous sont exportés en dehors de l’Union Européenne. »

 

Quels secteurs se démarquent-ils ?
 

« Nous différencions deux grands pôles : le pôle biopharma, dans lequel nous sommes un leader mondial, et le secteur de l’économie biobasée, qui possède chez nous un grand potentiel. L’innovation ouverte est capitale pour nous. Dans ce cadre, notre secteur travaille en étroite collaboration avec de nombreux partenaires belges et internationaux. »

 

Quels en sont les défis ?
 

« Comme nous sommes au top, le défi principal est de conserver cette position de leader et que les innovations continuent à trouver leur chemin sur le marché. Ensuite, il faut assurer la durabilité du système et adapter les innovations aux besoins du futur. D’un point de vue médical, trois grands shifts se jouent à ce niveau-là : la prévention, l’empowerment du patient et les traitements à domicile. L’empowerment est capital : il s’agit d’encourager le patient dans la participation à ses soins, pour qu’il puisse vivre la vie la plus normale possible. Le digital est la nouvelle norme. Il est également indispensable de miser sur l’éducation à ces nouvelles technologies digitales, que ce soit par la formation de nos employés, des professionnels du secteur médical, ou des patients eux-mêmes. »

 

Comment le gouvernement peut-il répondre à ces défis ?
 

« L’essentiel est d’entretenir un dialogue continu avec les autorités fédérales et régionales. Elles peuvent encourager l’accès des patients aux nouvelles technologies, offrir un cadre fiscal attractif aux chercheurs et aux entrepreneurs qui travaillent pour l’innovation biotech, favoriser la formation et l’éducation aux nouveaux outils, stimuler le contact entre la Belgique et l’étranger, etc. »

 

En quoi la Belgique est-elle compétitive en matière de bioprocédés ?
 

« En biotech, le processus fait partie intégrante du produit. Améliorer les procédés, c’est améliorer la qualité et la compétitivité du produit final. La Belgique détient une expertise pointue en matière de procédés de biofabrication. »

 

Quels sont vos espoirs pour l’avenir ?
 

« L’innovation est primordiale, il est donc important que nous continuions à innover dans le secteur des sciences de la vie afin d’apporter des réponses aux besoins de la société, des citoyens et des patients. L’objectif étant de développer une médecine personnalisée qui répond parfaitement aux besoins de chaque patient. L’innovation est la clé pour passer d’une médecine curative à une médecine préventive qui nous maintient en bonne santé. Nous devons nous ouvrir à de nouvelles méthodes de travail et repenser notre système de soins de santé pour améliorer la santé et le futur des patients dans le monde entier. Nous créerons ainsi de la valeur pour tous, ce qui constitue la base même d’un système de soins de santé durable. Nous entrons dès à présent dans cette nouvelle ère. »