Explications d’Anne Savoye, Directrice du bureau de Bruxelles pour Icosa Europe, un cabinet de propriété intellectuelle dédié au secteur de la Santé.



Quels sont les principaux enjeux actuels en matière d’intelligence artificielle en biotech ?
 

« Le véritable challenge est d’une part la création de nouvelles technologies mais également la protection de ces innovations via les bons outils. Pour chaque type d’innovation, il faut savoir par quel biais le protéger pour l’optimiser et le valoriser au maximum au vu de la concurrence actuelle. »

 

Quels outils existent pour garantir la protection intellectuelle dans ce domaine ?
 

« On peut parler principalement de trois outils dont disposent les entreprises pour protéger leurs inventions qui impliquent du numérique. Tout d’abord, le droit d’auteur, qui s’adresse principalement aux logiciels. Bien que non obligatoire, on conseille d’enregistrer le droit d’auteur pour se défendre en cas de contrefaçon pour prouver la création et la date de la création. À mettre à jour régulièrement de préférence ! »

Les entreprises disposent de trois outils pour protéger leurs inventions : le droit d’auteur, le brevet et le secret industriel.

« Dans un deuxième temps, on a le brevet, qui ne peut pas protéger les logiciels ni les algorithmes, mais tout ce qui concerne les inventions qui comprennent des fonctionnalités logicielles. Autrement dit, ce sont uniquement les éléments techniques utilisés par ce logiciel qui peuvent être brevetés. Les choses évoluent rapidement : en seulement 3 ans, nous avons remarqué une augmentation de 54 % des brevets déposés liés à l’intelligence artificielle. »

« Le troisième outil est le secret industriel, qui permet à certaines entreprises de ne pas avoir à dévoiler leur innovation. Mais il faut alors prendre les mesures nécessaires pour bien protéger ce secret. Cette méthode est généralement préférée pour les algorithmes et les logiciels, avec le développement du "deep learning". »