Michel Morant,
président du Réseau LIEU

 

Quelle importance la mise en réseau a-t-elle ?

Michel Morant : « Elle permet d’avoir un écosystème de l’innovation performant et compétitif, quel que soit le secteur industriel. La proximité et une connaissance mutuelle entre acteurs, universités, centres de recherche et entreprises facilitent l’avancée rapide des projets. »

 

Une mise en réseau permet d’avoir un écosystème de l’innovation performant et compétitif, quel que soit le secteur industriel.

 

Comment cela se traduit-il ?

M. M. : « Plusieurs réseaux peuvent se croiser. Par exemple, notre réseau LIEU, pour « Liaison Entreprises-Universités », regroupe les services de valorisation de la recherche des universités francophones. Celles-ci, tout comme les entreprises, ont le même défi : partager l’information sur les résultats de la recherche, la localisation des compétences et des partenaires, etc. La mutualisation des compétences, méthodes, outils, bases de données, etc., permet de ne pas réinventer la roue. Cela évite aussi entre autres aux entreprises de devoir faire le tour des universités pour trouver le bon partenaire. »

 

Sur le terrain, où en est cette mise en réseau ?

M. M. : « Le Plan Marshall et les pôles de compétitivité l’ont accélérée, au point d’être aujourd’hui plus avancée en Wallonie qu’en Flandre. Les universités du Sud du pays sont par exemple impliquées dans la gouvernance et les équipes opérationnelles ; un universitaire assure le suivi des projets validés en termes de valorisation et de détection de résultats. Nous avons aussi des outils pédagogiques pour les jeunes chercheurs : gestion de projet, maîtrise de la propriété intellectuelle et des partenariats… La culture du brevet et de la propriété intellectuelle au sein des entreprises s’est aussi considérablement améliorée. »

 

Un exemple concret ?

M. M. : « Plusieurs programmes entre Arcelor-Mittal et le Giga, un centre de recherche en biotechnologie de l’université de Liège, ont abouti à des techniques de greffe de substances biologiques sur des surfaces d’acier pour leur donner des propriétés antiseptiques et même optiques avec la reconnaissance de certains matériaux. Au bout de huit ans, le projet a débouché sur une spin-off, Symbiose Biomaterials, qui, en collaboration avec Realco, à Louvain-la-Neuve, a développé des produits dotés de propriétés anti-algues dans les milieux aquatiques. Pour la construction, elle finalise un kit permettant de détecter l’amiante dans les bâtiments en quelques minutes. »