Depuis plusieurs années, trop peu de jeunes Belges optent pour des études scientifiques techniques. Par conséquent, l’offre de diplômés ne suffit plus à pourvoir aux postes vacants. Dans le secteur des ingénieurs principalement, cette pénurie a pris des proportions hors normes. Et la situation ne s’améliore pas. En effet, le phénomène de vieillissement croissant implique que de nouvelles forces supplémentaires sont nécessaires. En outre, la globalisation a pour conséquence que de plus en plus de travailleurs se dirigent vers une carrière internationale. Et le monde des entreprises n’est pas la seule victime de cette tendance. Les institutions académiques en souffrent aussi très fortement. Car tous deux doivent puiser dans le même réservoir. Or, il compte bien trop peu de candidats...

Plusieurs fronts

Pour éviter que la recherche scientifique technique ne se cantonne aux universités et aux hautes écoles, le gouvernement a entrepris une action ciblée. Ainsi, davantage de moyens sont fournis et la charge fiscale à l’embauche de chercheurs académiques a récemment été drastiquement réduite. Mais bien entendu, cela ne résout pas le problème. Il est nécessaire de travailler sur plusieurs fronts, et ce, de manière adéquate. La Belgique a besoin de travailleurs qui acquièrent des connaissances internationales : avec une mentalité axée sur le repli, personne n’y trouve son compte. Il suffirait de créer un climat qui encouragerait les travailleurs à revenir en Belgique avec leur expérience emmagasinée à l’étranger et les forces étrangères hautement qualifiées à venir travailler dans notre pays. Car la chasse aux talents a lieu sur la scène internationale. En outre, les étudiants ne connaissent que l’univers académique, ce qui est assez limité. Le pont vers les entreprises doit être bien en place afin que les jeunes diplômés soient prêts à remplir une fonction dans le secteur privé. Aussi, pour maintenir à niveau l’économie de notre pays, la condition absolue est que les entreprises puissent continuer à innover et à se développer.

Assurer un microclimat high-tech

Mais quelle est la meilleure approche ? La formation d’un « microclimat de haute technologie », une sorte de cluster où les entreprises innovantes viennent s’installer autour des universités pour instaurer une collaboration solide. De cette façon se crée un environnement offrant des avantages à toutes les parties intéressées. Pour les Belges qui se forment à l’étranger, il est intéressant de revenir au pays après avoir emmagasiner de l’expérience. Grâce à ce cluster, ils ont la possibilité de mettre en pratique leur expertise et de continuer à apprendre. Ce pourrait être aussi une manière de diminuer le nombre de travailleurs attirés par l’étranger puisqu’ils ont à disposition dans leur propre pays un environnement high-tech international. La pollinisation croisée intense entre les entreprises (spin-offs et autres) ainsi qu’entre les universités et les entreprises offre au personnel de larges perspectives sur ce qui se passe autour d’eux, ainsi que la possibilité de changer de milieu de travail sans pour autant devoir quitter leur région. Enfin, un tel cluster aiderait l’économie belge dans sa totalité, car c’est une manière idéale d’encourager l’innovation et de se forger une réputation sur la scène mondiale.