L'évolution la plus visible concernant les hôpitaux date en réalité de l’entrée en vigueur de la précédente réforme de 2013. Explications.

Si le démarrage en 2013 a été quelque peu timide, on assiste aujourd’hui à une véritable montée en puissance des marchés publics pour les achats de dispositifs médicaux. Cela représente un défi au niveau de la gestion, tant pour les hôpitaux que pour les firmes concernées, pour qui il s'agit d'une vraie révolution dans leur business model. En effet, cela implique une collaboration et un mode de prise de décision très différents entre médecins et services d'achats.

 

Un concept émergeant

C'est là que le concept de « Value Based Tendering » prend tout son sens. MedTech Europe (l'association représentative pour les dispositifs médicaux) a organisé depuis quelques années, des conférences regroupant des acheteurs hospitaliers, des experts et des firmes de dispositifs médicaux. L'objectif était de réfléchir à comment acheter mieux, à ce qui fait le plus de sens à long terme pour les besoins du patient, de l'hôpital et de la sécurité sociale. Cette réflexion globale a abouti, en collaboration avec The Boston Consulting Group et des experts en matière de marchés publics hospitaliers, à des projets et des propositions concrètes de méthodes d'analyses d'offres. L'idée est donc que la politique d'achats ne soit plus uniquement dictée par les coûts, mais aussi par les besoins du patient et le résultat visé au final.

 

Concentration des achat

Si l'on veut atteindre l'objectif poursuivi d'un gain global en termes d'économies d'échelle obtenues en considération des intérêts de la sécurité sociale et du patient, on assistera probablement de plus en plus à une forte concentration des centrales d'achats. Mais, dès lors, il faudra également que la concentration de l'expertise au niveau des services d'achats puisse être corroborée par une révision des politiques de financement hospitalières qui prennent en considération la réglementation des marchés publics.

 

Cet article a été rédigé en collaboration avec Virginie Dor, Avocate associée chez CMS, et Bruno Fonteyn, Avocat Senior chez CMS.