Thibault Helleputte, CEO DNAlytics

Quelles solutions avez-vous mises au point pour améliorer l’efficacité des soins de santé ?

Thibault Helleputte : « Les travaux de recherche qui sont à l’origine de la spin-off de l’UCL DNAlytics en 2012 visent à offrir au secteur de la santé des outils d’analyse de données appropriés pour le contexte particulier de la recherche clinique. Il est particulier parce qu’il constitue presque toujours un anti-big data : énormément de paramètres mesurés, mais un nombre d’observations (de patients) extrêmement restreint. » 

Dans quel but ?

Th. H. : « Dans le but d’améliorer l’efficacité des soins de santé pour le patient via des approches de médecine personnalisée et prédictive (quel traitement, quand, pour quel patient). Il faut donc identifier les profils types de patients correspondant à différentes stratégies thérapeutiques. Ces profils doivent être sélectionnés sur la base de données multiples (clinique, génomique, imagerie…), mais très restreintes en nombre d’observations. Or, l’expertise en place dans le secteur biotech/pharma n’est pas spécialement armée pour tirer un maximum d’informations pertinentes de ces données. Le but de DNAlytics est de combler ce manque dans les entreprises du secteur biopharmaceutique, quelle que soit leur taille, et au sein des laboratoires académiques. »

D’où proviennent ces données ?

Th. H. : « Il est quasi impossible à l’heure actuelle de disposer des données des patients en routine clinique, hors d’un cadre explicite d’études cliniques lentes et coûteuses. Nous sommes en faveur de la création d’un statut de “data donor” à l’instar du statut de donneur d’organes, statut par défaut pour tout individu. Nous plaidions récemment pour cette cause auprès du parlement européen avec les “MIT Innovators Under 35’”, communauté à laquelle DNAlytics appartient. L’ouverture des bases de données de l’Inami et des mutuelles irait dans ce sens. »

Quelle est l’évolution de la société ?

Th. H. : « En plus des activités de consultance, DNAlytics développe des outils de diagnostic avec, pour cibles, les médecins directement. Un premier produit a reçu l’approbation de commercialisation, le RheumaKit, un outil de diagnostic pour les patients atteints d’arthrite indifférenciée. »