Pour Serge Pampfer, CEO de WBC, l’incubateur wallon en innovation santé, leur succès repose sur quatre piliers : une technologie, de l’expérience, de l’ambition et des moyens financiers suffisants.
 

Pour se constituer, quels fonds lèvent en moyenne ces sociétés ?

Serge Pampfer. : « Il faut souvent mettre beaucoup de fonds sur une invention pour qu’elle devienne ensuite une innovation qui rapporte. Au cours des 4 dernières années, WBC a contribué à la création de 23 sociétés, dont 60 % en biotech et 40 % en medtech. Pour se constituer, ces sociétés ont levé en moyenne 230 000 euros en capital. Il faut en moyenne 6 investisseurs pour rassembler cette somme, dont la disparité est assez élevée. Certaines ont réussi à lever 2 millions d’euros dès le départ. »
 

Quels sont les autres moyens financiers disponibles ?

S.P. : « Il y a notamment des moyens fournis par la Région wallonne, soit des prêts au travers des invests, soit des avances récupérables par la DG06 ou WBC. En moyenne, au moment où une société se crée, le total financier dont elle dispose est de 730 000 euros, selon notre étude. »
 

Malgré ces moyens, pourquoi y a-t-il encore souvent une sous-capitalisation ?


Nos sociétés se créent et fonctionnent sur des moyens financiers 10 fois plus faibles qu’aux Etats-Unis.
 

S. P. : « Dans les biotech et les medtech, le développement des produits est très long et très compliqué. Le sous-financement de nos entreprises par rapport au monde anglo-saxon est flagrant. Nos sociétés se créent et fonctionnent sur des moyens financiers 10 fois plus faibles qu’aux Etats-Unis. Cela condamne les responsables des entreprises à être quasi en permanence en recherche de fonds, ce qui les détourne de leur cœur de métier. »
 

Avez-vous des exemples de sociétés belges francophones dotées de levées de fonds substantielles dès le départ ?

S. P. : « Trois exemples tout récents montrent que l’on peut parfaitement créer des sociétés avec des montants importants. Chromacure, une spin-off de l’ULB crée par Cédric Blanpain, a levé 17 millions d’euros, et Epics Therapeutics, du Professeur François Fuks, a levé 7,2 millions d’euros. A l’UCL, A-Mansia a levé 13 millions d’euros. Ces trois sociétés ont été créées par des sommités mondiales et ces levées de fonds vont permettre à leurs équipes de travailler sereinement pendant quelques années et franchir des caps importants et créatifs. »