Cathy Plasman
Secrétaire générale de bio.be

Plus de 300 entreprises belges dont une majorité de PME y sont actives. Elles permettent ne seulement de rechercher et de trouver des réponses aux grands défis planétaires, mais assurent également un développement de l’emploi de plus en plus important en Belgique », déclare Cathy Plasman, Secrétaire générale de bio.be.

Le secteur des biotechnologies est un secteur majeur de l’économie, tant à l’échelon européen que belge. Il est le leader de l’innovation grâce aux investissements renouvelés du secteur public et privé en R&D. La Belgique compte aujourd’hui plus de 300 entreprises biotechs (essentiellement des start-ups et des PME) et occupe la quatrième place mondiale en termes d’investissements R&D par entreprise biotech.

Avec une capitalisation boursière de 11 milliards d’euros et une part de marché d’environ 30 % en Europe (source KBC, 2012), les sociétés biotechs belges ont non seulement connu le succès en bourse, mais sont également parvenues à conclure d’importants partenariats avec les grandes sociétés pharmaceutiques. La valeur totale « bio-euro » dépasse les 7 milliards d’euros en termes de contrats signés depuis 2005 dont près d’un milliard d’euros a été investi dans des paiements anticipés et des collaborations R&D. Dans son rapport de 2012, la Banque Nationale a elle-même souligné la position de leader et l’importance de ce secteur pour l’économie belge.

De nombreuses innovations sont en cours dans la plupart des entreprises biotechs belges, dont certaines ont déjà conquis une position de leader mondial.

La biotech rouge ou médicale, activité maîtresse en Belgique

La majorité des entreprises sont actives dans les biotechnologies rouges, c’est-à-dire dans le domaine de la santé en Belgique. Parmi les activités, on retrouve le développement de médicaments biologiques, les thérapies (cellulaires et tissulaires) et les diagnostics avancés. En Wallonie et à Bruxelles, les PME comptent aujourd’hui plus de 30 produits en phase de test dans leur pipeline.

Biotech blanche et chimie verte, des technologies à haut potentiel

Le biosecteur, aussi appelé la biotech blanche et la chimie verte, convertit et utilise la biomasse comme matière première pour créer des produits très divers tels que des matériaux, des solvants et du combustible. Cette industrie, qui est en pleine expansion, est dynamisée par l’importante demande des producteurs de produits finaux (ex. : emballage pour les cosmétiques).

Selon une étude du l’Université de Gand de 2013, ce secteur représente déjà 9 % de l’industrie belge et représente 6 % de l’emploi du secteur. Il offre donc de réelles opportunités de croissance dans notre pays. En effet, on prévoit que le marché mondial sera multiplié par 5, voire 10, d’ici à 2020. 

En Flandre, nous disposons également d’un cluster unique en Europe constitué de différents centres de recherches et d’entreprises actifs dans le domaine de la génétique des plantes (biotech verte) qui devrait nous permettre de saisir cette opportunité de marché.

Un secteur intensif en capital

En raison de la haute intensité de R&D, des coûts élevés et des risques substantiels, il n’est pas évident pour ce secteur, et surtout pour les PME, de trouver des investisseurs. La sécurité juridique à long terme, une réglementation uniforme et un climat favorable à la R&D conditionnent l’expansion du secteur. C’est la raison pour laquelle essenscia et sa division bio.be proposent des actions concrètes afin d’assurer le développement de la biotech en Belgique. Bio.be œuvre ainsi à la création d’un système de tax shelter – tel qu’il existe dans le secteur audiovisuel – qui permettrait à d’autres secteurs d’investir dans ces entreprises biotechs. Un système transparent, assorti de frais généraux minimaux, permettant de financer, par le biais du tax shelter, les coûts d’un projet de 20 % lors de son lancement et jusqu’à 50 % dans sa phase finale permettrait de financer 130 projets existants par le biais de ce système de tax shelter sur la période 2014-2016. Une telle mesure structurelle permettrait à terme d’obtenir un retour sur investissement plus important, et de créer de l’emploi direct et indirect.