Agrostar est l’un des rares producteurs européens de microorganismes à usage environnemental. Son CEO, Dominique Beaudry, dévoile les bienfaits de ces bactéries pour une agriculture respectueuse de la santé.


Dominique Beaudry, CEO Agrostar

Quel est l’intérêt de l’apport de ces bactéries dans le secteur agricole ?

Dominique Beaudry : « Nous n’inventons rien, nous ne faisons que copier la nature. Les bactéries que nous produisons sont des bactéries du sol. Elles sont déjà présentes dans la plupart des sols. Dans une pelletée de terre d’un jardin, il y a déjà des milliers de bactéries différentes. Certaines peuvent présenter dans certains cas un vrai intérêt économique. Notre métier consiste à les isoler, à essayer de les comprendre. Puis, surtout, à industrialiser leur reproduction pour pouvoir les réintroduire en masse afin d’avoir cet impact agronomique à grande échelle. »

Pourquoi faut-il ajouter des bactéries aux engrais ?

D. B. : « Dans un sol normal, il y a de la vie, dont des bactéries. Certaines d’entre elles vont minéraliser les matières organiques présentes dans le sol (feuilles mortes, cadavres d’insectes ou d’autres animaux) et les rendre consommables par les plantes. Dans les engrais, nous apportons des bactéries au sol pour lui permettre un bon fonctionnement. Les bactéries peuvent être aussi utilisées, non seulement comme adjuvant des fertilisations, mais elles peuvent aussi agir dans certains cas comme des moyens de lutte biologique contre certaines maladies. Ce qui permet, en utilisant des microorganismes plutôt que des produits chimiques, d’avoir une agriculture beaucoup plus propre et dont les risques sanitaires sont moins élevés, tant pour l’utilisateur que pour le consommateur. »

Comment la société a-t-elle évolué ?

D. B. : « Elle a été créée en 1988 par trois personnes, dont mon père. Je l’ai reprise il y a six ans, à son décès. Le grand souci d’une entreprise comme celle-là est que nous devons investir en permanence dans des projets de recherche, souvent très coûteux, et sans avoir aucune garantie qu’ils vont aboutir à quelque chose de commercialisable. J’ai passé les premières années à la tête de l’entreprise à la redresser. L’accumulation de projets de recherche non commercialisables l’a menée dans une situation délicate. Aujourd’hui, notre situation est complètement assainie. La deuxième partie de mon travail a été d’aboutir à l’obtention d’une homologation en France, reconnaissant notre bactérie comme “matière fertilisante et support de culture”. Plusieurs autres projets du même type sont en cours. »