Pourquoi cette différence entre les deux régions ?

Michel Georges : « Le financement de la recherche en sciences biomédicales en partie francophone du pays doit se remettre en question. On ne peut pas rester compétitifs internationalement de la façon dont il est fait. Il faut redresser la barre. En s’assurant une recherche fondamentale en amont très bien financée sur base de critères d’excellence scientifique uniquement. Ce n’est pas le cas à l’heure actuelle. J’ai trop souvent le sentiment, quand je soumets des demandes de financement dans notre sphère géographique, que le critère d’excellence n’est pas le critère dominant. Pour un chercheur, c’est un message destructeur.»

Quelles mesures peuvent être prises pour contrer cette tendance ?

M. G. : « Le financement de la recherche peut être amélioré en partie francophone du pays et les chercheurs peuvent aussi mieux faire, entre autres, en étant plus performants pour aller chercher de l’argent au niveau d’une manne qui, par rapport à l’échelle de notre région, est une manne sans fond, une manne européenne. Si on fait un bilan, à l’heure actuelle, les chercheurs francophones belges ne sont pas assez performants dans leur quête de moyens au niveau européen. Différentes actions sont possibles, mais c’est surtout apprendre à rédiger mieux, ou à produire des meilleurs projets de recherche qui seront, eux, évalués selon des critères d’excellence uniquement. Une des idées que j’ai proposée à nos autorités est de mettre en place des mesures fortes pour encourager les chercheurs de la Communauté française à aller chercher de l’argent au niveau européen en donnant de l’argent francophone belge à disposition des institutions et des chercheurs qui ont démontré leurs capacités à aller chercher des fonds européens. Ce qui améliorerait la façon dont l’argent de nos contribuables régionaux est lui-même utilisé pour financer la recherche. »