Les entreprises wallonnes du secteur biotech sont à la pointe dans de nombreux domaines de la santé : thérapie cellulaire, vaccins, immunothérapie, radiothérapie, bioproduction, génie génétique, etc. Le secteur se porte particulièrement bien : de 2005 à 2016, l’emploi y a crû de quelque 20 % par an ; les grandes entreprises consacrent jusqu’à un quart de leurs dépenses en R&D ; les PME et les startups y consacrent une part encore plus élevée. Philippe Janssens de Varebeke précise que « dans leur grande majorité, ces entreprises développent des innovations s’inscrivant dans le mouvement général du secteur : le développement d’une médecine de plus en plus personnalisée, tenant compte des spécificités individuelles des patients, telles leur hérédité ou leur mode de vie. »

Une multitude de financements

Cette activité importante est soutenue par de nombreux mécanismes de financement tant privés que publics. En règle générale, les financements publics sont octroyés à parité avec les moyens apportés par des investisseurs privés. Au niveau des provinces, les fonds d’investissement publics peuvent injecter de 1.5 à 2 millions d’euros dans une entreprise. La Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), elle, peut consentir des montants de 2 à 10 millions d’euros. Il existe aussi de nombreux mécanismes de financement non dilutifs, c’est-à-dire sans influence sur le capital : subsides d’aide à la recherche, avances récupérables, etc.

Au niveau privé, un riche tissu de particuliers, business angels, plates-formes de crowdfunding et autres venture capitalists permet de financer ces entreprises. Lorsqu’une société atteint une taille critique, elle peut aussi envisager une introduction en bourse, permettant ainsi de lever des fonds pour nourrir ses ambitions de croissance. À côté des grandes sociétés, de nombreuses PME du secteur sont déjà parvenues à ce stade, ce qui leur assure une meilleure visibilité par rapport aux investisseurs institutionnels tels que les fonds de pension.

Pour Philippe Janssens de Varebeke, « la conjonction d’une industrie robuste et de mécanismes de financement attractifs entraîne enfin l’intérêt de sociétés étrangères. Celles-ci envisagent par exemple une implantation nouvelle ou un partenariat avec une société locale disposant d’un management capable de mener à terme un projet porteur. »