Malgré une excellente compréhension technologique et une curiosité renforcée pour le marché, il sont souvent à la recherche d’une ressource: le super-coach, le mentor intelligent, l’homme/la femme de confiance !

Un écosystème en mutation

Bien sûr, de nouveaux acteurs apparaissent, et provoquent une ébullition dans le paysage. Certains intermédiaires traditionnels, comme les CEEI par exemple (EU-BICs en anglais), se réinventent en adoptant de nouveaux modes d’intervention. L’incubation évolue vers l’accélération, avec ou sans infrastructures physiques, avec ou sans outil financier. Les infrastructures d’accueil adoptent un relifting complet en misant sur le co-working ou en s’équipant de Fablabs. Les initiatives visant à connecter innovateurs et investisseurs foisonnent.

Le soutien à l’entrepreneuriat innovant devient irrésistiblement plus collaboratif et participatif : ceci pourrait bien à la fois accentuer le phénomène de désintermédiation, mettre à mal le corporatisme des intermédiaires « en mode fermé », et privilégier les acteurs de soutien agissant « en mode ouvert ». Les méthodes novatrices de type living-labs, design thinking, lean start-ups, business model canvas, effectuation, creative labs, serious games modifient considérablement la boîte à outils des intermédiaires, et renforcent leur professionnalisation. Il n’est d’ailleurs pas interdit de penser, comme le fait la Cour des Comptes Européennes lorsqu’elle recommande le label EU-BIC/CEEI, que la certification « peer2peer » des intermédiaires booste leurs performances, et clarifie la lisibilité de l’écosystème de support.

Le soutien à l’innovation entrepreneuriale nécessite également la mise en place d’approches thématiques spécifiques. Ce fût naturellement une des hypothèses sous-tendant l’émergence des Clusters et Pôles de Compétitivité en Wallonie. C’est aussi une tendance lourde qui touche tous les secteurs (agro-industries, sciences du vivant, applications spatiales, éco-technologies, …) et tous les socio-groupes (l’entrepreneuriat au féminin, les jeunes, …).

Le secteur public suit le mouvement

Les organisations gouvernementales et les collectivités territoriales disposant de compétences en matière d’innovation et de soutien aux entreprises participent elles aussi à la mutation de l’écosystème. Le cadre de référence européen contraignant les Régions à s’engager dans une véritable stratégie d’innovation (la fameuse S3 ou « Smart Specialization Strategy ») y est pour beaucoup. Et on peut dire que ceci commence à produire des effets vertueux. On peut cependant espérer que ces initiatives et programmes soient plus que du « smart packaging » de politiques publiques.

On assiste d’ailleurs à un retour aux fondamentaux du métier de soutien aux innovateurs-entrepreneurs, assorti d’une modernisation des éléments de langage, d’une professionnalisation des acteurs, et de la reconfiguration des partenariats. Le métier de l’accompagnement structuré et personnalisé de projets d’innovation dans les start-ups et les PMEs retrouve ses lettres de noblesse, grâce à l’engagement de professionnels formés et crédibles. C’est le cœur du métier des CEEI/EU-BIC ! Et cette quête renouvelée de l’excellence en matière de services est la seule vraie bonne stratégie à adopter pour les acteurs du soutien à l’innovation. Pour les organisations gouvernementales et les entrepreneurs eux-même aussi d’ailleurs. A bon entendeur….