Les chercheurs ont-ils les bons réflexes en matière de brevets ?
 

« Au stade de la recherche fondamentale, le réflexe PI est souvent bien activé. C’est plus tard, quand on développe le procédé de fabrication industriel qu’il est moins fréquent. Les grands groupes pharmaceutiques sont bien organisés, mais les entrepreneurs sont surtout préoccupés par tout ce qu’ils ont à réaliser. Même dans la phase de développement, la PI est souvent ignorée car ils pensent que les brevets initiaux suffisent. Or, ce qui génère vraiment de la valeur, c’est l’exploitation industrielle, y compris la formulation du produit, pas forcément la recherche fondamentale. »

 

Quel conseil leur adressez-vous dès lors?
 

Du dépôt de brevet initial à la mise sur le marché, 10 ans ou plus peuvent passer. Il faut donc être attentif à l’alignement de la PI.

« Du dépôt de brevet initial à la mise sur le marché, 10 ans ou plus peuvent passer. Pour décrocher une position exclusive sur le marché, il faut régulièrement vérifier l’alignement de la PI avec les futures activités de la société et s’assurer que le produit est toujours protégé. Une molécule est parfois transformée durant tout ce processus et peut échapper à la couverture légale. Ce n’est pas une fatalité, on peut y remédier. Seule une gestion active permet d’avoir de la valeur. La PI est en outre un monde très légiféré. Il est dès lors indispensable de faire appel à des gens qui maîtrisent ces aspects. »

 

Dans quelle mesure la PI est-elle subventionnée ?
 

« Elle l’est plutôt bien en Région wallonne. Depuis peu, les études stratégiques sont subventionnées à 75 %. La partie dépôt de brevet l’est de 40 à 50 %. Ce n’est pas négligeable ! A Bruxelles, les subventions vont de 30 à 50 %. Reste l’enjeu de protéger leurs marchés en permettant aux PME de défendre leurs droits, où les subsides sont encore inexistants. »