De manière globale, l’Union européenne rattrape son retard par rapport aux pionniers américains et japonais. Petit bémol. Les disparités de performance entre pays européens persistent.

La commission européenne publie chaque année «  le tableau de bord de l’innovation ». Ce baromètre jauge les progrès réalisés par les pays de l’Union en matière d’innovation. L’étude se fonde sur 25 critères répartis en trois catégories : outils (ressources humaines, efficacité des systèmes de recherche, financements), activités des entreprises (investissements, collaborations et entrepreneuriat, capital intellectuel) ainsi que résultats (impact pour l’économie globale).

Une Europe divisée en 4

De ce rapport, il ressort que le degré d’innovation est un brin comparable à une course dont le peloton est subdivisé en plusieurs groupes. Il y a d’abord les meneurs, qualifiés de « champions de l’innovation ». Ce pôle d’excellence en innovation est constitué de l’Allemagne, le Danemark, la Finlande et la Suède. Ce groupe affiche des résultats situés au-dessus de la moyenne européenne, avec un taux d’innovation à hauteur de 20%.

Viennent ensuite les « suiveurs de l’innovation » au nombre desquels se trouvent  l’Autriche, la Belgique, Chypre, l’Estonie, la France, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Slovénie. Ces pays ont un taux d’innovation qui approche et dépasse parfois la moyenne.  La Belgique fait figure de proue dans les domaines des publications scientifiques internationales et de la collaboration entre les Petites et Moyennes Entreprises (PME) innovantes. Nous sommes par contre moins innovants en matière de commercialisation de nouvelles innovations et du nombre de doctorats achevés.

En queue de peloton figurent les « innovateurs modérés » dont les timides  résultats sont inférieurs à la moyenne européenne. Ce groupe est constitué de la Croatie, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie. Enfin, la Bulgarie, la Lettonie et la Roumanie sont des « innovateurs modestes » avec des résultats moins probants comparés à la moyenne américaine.

« A l’Horizon 2020… »

D’après ce rapport européen, les pays qui ont connu l’amélioration la plus notable sont le Portugal, l’Estonie et la Lettonie. La Suisse reste le grand vainqueur européen de l’innovation.  L’Etat helvétique devance les  4 groupes avec des résultats supérieurs aux « champions de l’innovation ». A l’échelle internationale, le classement est dominé par le « Samsungland » ou la Corée du Sud, la Suisse, les Etats-Unis et le Japon. Au fil des ans,  l’Union européenne est en phase de combler son retard par rapport au Japon. Par contre, le fossé ne cesse de se creuser entre les pays européens et la Corée du Sud. Toutefois, l’Europe demeure plus performante que le Canada, l’Australie et des pays émergents comme le Brésil, la Russie, l’Inde et  même la Chine.

L’innovation est donc une des pierres angulaires de la politique économique européenne. Pourtant l'Europe n'investit que 0,8% de son produit intérieur brut (PIB) en matière de recherche et développement. En mal de croissance, l’Europe doit miser davantage sur la création des produits innovants.

Ce qui explique le lancement en janvier dernier du programme Horizon 2020. Il  regroupe en un seul programme tous les types de financement possible en vue de doper la recherche et l’innovation. Et c’est une enveloppe de près de 80 milliards d’euros qui sera disponible d’ici 2020. L’objectif visé dans le cadre de cette planification est porter le niveau d’investissement en matière d’innovation à 3 % du PIB. D’après les experts, ce taux permettrait de créer 3,7 millions d’emplois et de générer 795 milliards d’euros d’ici 2025.